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Mercredi 24 décembre 2008
j’ai eu 159 dinars de plus pour ma paie de septembre. Une augmentation de plus de 10%... C’est inimaginable !
Les négociations salariales ont-elles abouti à notre insu? Enfin, ont-ils compris qu’une augmentation de 3,5% signifiait réellement une dégringolade de notre pouvoir d’achat… déjà qu’officiellement l’inflation moyenne du pays est de 3,5%...
Je délire…, ils ont enfin réalisé que les loyers augmentent de 5%, que les services en moyenne de 7%, que les carburants flambent à plus de 10%, que les matériaux ne s’échangent qu’à plus de 20%.. et que le culturel (ou ce qu’il en reste, festival compris) ne rime plus qu’avec fiel. Et surtout n’attrapez pas la grippe, chers collègues, car les médicaments sont inaccessibles, les médecins sont inabordables, la CNAM est trop complexe et… les recettes de grand-mère nécessitent des produits frais et bio, hors de prix.
Bref, en faisant les comptes, voici ce qui se dégage de ces quelques calculs simples, mais explicites :
▪    Enseignement:     5h30 de cours/semaine (22h/mois)
▪    Encadrement :        6h/semaine (encadrement, relecture, soutenance, etc.) (24h/mois)
▪    Recherche :         24h/semaine (article, préparation de cours, communication, etc.) (96h/mois)
▪    Administratif :        16h de réunions/ mois (coordination, commissions, élaboration de programme, etc.)
Pour simplifier les calculs et en considérant que les activités sont équivalentes en termes d’efforts et d’apports, l’heure «enseignant-universitaire» est payée en moyenne 10,000 dt. En sachant que seules les heures supplémentaires d’enseignement sont rémunérées, il n’est pas difficile de comprendre que les professeurs raisonnables ne veulent plus ni encadrer, ni faire de la recherche et encore moins siéger dans des commissions… QUE FAIRE ?
Le problème n’est pas que financier. La satisfaction du salarié n’est pas totalement liée à sa paie. Une grande partie tient de ces conditions de travail :
-    attendre des mois pour obtenir un ouvrage ;
-    attendre des années pour obtenir un bureau équipé (pour les plus chanceux) ;
-    attendre des années pour obtenir une connexion valable et un mot de passe ;
-    dispenser un cours sans vidéo-projecteur, sans lumière, sans craie, sans chauffage, sans climatisation… et avec un tableau non effacé !
-    faire des dizaines de bureaux, des milliers de sourires, des pointes d’énervement pour une autorisation ou une attestation ;
-    passer des centaines de coup de fil et des merci par ci et des svp par là pour une subvention ou une mission qui, si elle couvre le déplacement ne peut rien faire pour le reste (hébergement, nourriture, déplacement, etc.) ;
-    subir les humiliations des circulaires qui pullulent et ne se centrent plus qu’à cerner l’action des universitaires ;
Par Chebeka
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Samedi 26 juillet 2008
une revue à consulter...
"Mais une série de constats majeurs minimise la pertinence de ce type de lectures. En tout premier lieu, il faut reconnaître que l’imposition idéologique ne se réalise jamais dans des termes homogènes et globaux. Le travail de sape critique est réel et profond dans nos sociétés — d’ailleurs, sans présumer de ses forces, c’est bien ce que ne cesse de faire, numéro après numéro, une revue comme Vacarme !"
Par Chebeka
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Jeudi 24 juillet 2008

Le stagiaire : professeur, pourquoi vous ne lui annoncez pas que c’est la fin.. qu’elle se prépare à faire ses adieux !

Le Professeur : à quoi cela servira-t-il?, on la maintien sous perfusion pour qu’elle passe les meilleurs moments de sa vie, profitant des étés, des soirées et des beaux projets providentiels!

S : mais professeur, vous ne faites qu’augmenter le stress autour, car ses proches exilés remarquent bien sa déchéance ...

P : mais non, on les maintien loin d’elle, comme ça, elle n’a qu’un contact heureux avec eux !

S : vous pensez bien faire comme ca ? Excusez mon ignorance, mais j’ai comme l’impression que vous traitez par des réformettes sous fonds de fanfare, ce que vous devriez faire en creusant et en y allant avec des chars

P : mais vous délirez complètement, je suis avant tout un bon ami ! J’essaye d’apporter tout mon support et mes compétences pour la servir .

S : vous fermez les yeux, vous occultez le réel, vous y allez selon votre seul désir! mais quand elle ne sera plus là, votre vie peut basculer ...

P : je ne serais plus là, également… une nuit est mon unique raison de vie !

S : oui… je vois, d’ailleurs, Professeur, vous abuser d’elle, de sa gentillesse, de son consentement et de sa générosité.

P : observez bien toutes les parties de son corps ! le mal se propage des pieds, elle a un grave problème de foi, malgré ces mains qui ne cessent d’applaudir ! j’admire cette grande faculté à dissimuler son stress, à ne pas gémir (juste quelque fois dans son sommeil) et à se débrouiller malgré toutes les piqures qu'on ne cesse de lui infliger...

S : mais, elle a tendance quelque fois à perdre la tête. Elle délire en sombrant dans des folies de grandeurs, des volontés d’infrastructure, des agitations autour de mots vides de sens… c’est dangereux pour elle, non ?

P : oui.. effectivement, mais, je suis obligé de nourrir ses fantasmes et ses illusions pour la maintenir en vie ! sinon, les signes de sa maladie seraient trop visibles et impliquerait révoltes et déchirures.

S : je vous comprends, mais, je ne suis pas d’accord avec votre politique! Vous ruinez sa santé en lui voilant la face.. C’est clair, vous me dégoutez définitivement du métier de Professeur.

Par Chebeka - Publié dans : Pensées
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Mardi 22 juillet 2008

"Le préjugé foncier est de croire que l'ordre, la clarté la méthode doivent tenir à l'être vrai des choses, alors qu'au contraire, le désordre, le chaos, l'imprévu, n'apparaissent que dans un monde faux ou insuffisamment connu, (…) ; c'est là un préjugé moral, …." F. Nietzsche, la volonté puissance, tome 1, p 89 Gallimard.

Un premier roman initié probablement par «une sensibilité critique aux conditions initiales». Partir d’un étonnement traversé par une théorie n’est pas forcément la posture d’un romancier. Mais, Saffieddine Bouali danse avec des faits ponctuels, ludiques ou insignifiants pour les unir dans une construction très intelligente. Il mène des personnages qui eux-mêmes mènent une enquête, en quête de rationalité entre hasard et déterminisme. Les héros apprivoisent le présent en s’appropriant des éléments du passé et, par une relecture de l’événement, nous offrent d’autres clés de projection du futur.

Revisitant donc un fait qui a marqué  les esprits américains programmés pour la réussite, le romancier essaye de défendre une thèse insolite : et si les faits se conjuguent pour nous montrer un chemin contraire aux volontés actuelles. La Palestine texane est la terre promise. Cela coule de source, et coulerait par la même toutes les raisons de combats idéologiques sur une fraction destinée et ferait, assurément, couler moins de sang et plus de sens à ses vies humaines qu’on ne cesse de maltraiter…. Dans les deux sas!

Trop optimiste pour que le roman ait la prétention d’une quelconque influence politicienne, mais l’impact de l’auteur est certain ! un homme d’une grande sensibilité, enthousiaste, amoureux de l’humain et surtout obsédé par l’incertain. Il joue à trouver du sens, armé d’une passion et d’une patiente, remarquables toutes les deux, il trouve un fil d’Ariane, sans même l’avoir prévu avant le combat. Le lecteur s’agrippe à sa plume et suit avec ferveur, sans plus lâcher prise, la démonstration.

 

Par Chebeka - Publié dans : à lire...
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