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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 19:00

J’ai 60 ans. J’ai passé ma vie professionnelle à servir les étudiants et enseignants qui fréquentent encore la bibliothèque. J’ai vécu à l’ombre des livres et j’ai assisté à la lente décrépitude de leurs feuilles sous l’effet de l’humidité. Eux seuls observent la déchéance du monde universitaire.

Et voici venu le jour où l’institut supérieur organise un petit pot d’adieu. Un pot à travers lequel il veut « remercier » les efforts de ceux qui ont contribué à son existence. La direction a invité tout le monde. Merveilleux, il y avait presque une dizaine de personnes, avec nous quatre « administratifs », flambant neufs devant la porte de la retraite.

Une réception austère aux lumières tamisées, presque éteintes. Monsieur le directeur a pris la parole pour nous honorer. Son discours oscillait entre l’ironie et l’indifférence. Il a bien insisté sur le fait que la retraite était le premier pas vers la tombe sociale et qu’il fallait être préparé.

Le plus dur dans ce tableau ontologique est le cadeau qu’on nous a servi. Un paquet parfaitement rectangulaire et identique pour nous quatre, malgré  nos différences. Ils ont pris le soin de bien l’envelopper dans un papier aux couleurs présidentielles et le rehausser d’un porte-clé du RCD. Pendant un moment, j’ai cru avoir quitté mon institut PUBLIC et projeté vers une réalité trop connue.

Normal, moi qui ai connu des moments de pure pauvreté, un mari en prison pour ses idées et actions et deux enfants à charge. C’était la seule marque pouvant gratifier mes efforts de survie. Grâce à ce cadeau, je comprends mieux la RE-traite ! Merci Monsieur le Directeur…

au nom de H.

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