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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 13:30

Le stagiaire : professeur, pourquoi vous ne lui annoncez pas que c’est la fin.. qu’elle se prépare à faire ses adieux !

Le Professeur : à quoi cela servira-t-il?, on la maintien sous perfusion pour qu’elle passe les meilleurs moments de sa vie, profitant des étés, des soirées et des beaux projets providentiels!

S : mais professeur, vous ne faites qu’augmenter le stress autour, car ses proches exilés remarquent bien sa déchéance ...

P : mais non, on les maintien loin d’elle, comme ça, elle n’a qu’un contact heureux avec eux !

S : vous pensez bien faire comme ca ? Excusez mon ignorance, mais j’ai comme l’impression que vous traitez par des réformettes sous fonds de fanfare, ce que vous devriez faire en creusant et en y allant avec des chars

P : mais vous délirez complètement, je suis avant tout un bon ami ! J’essaye d’apporter tout mon support et mes compétences pour la servir .

S : vous fermez les yeux, vous occultez le réel, vous y allez selon votre seul désir! mais quand elle ne sera plus là, votre vie peut basculer ...

P : je ne serais plus là, également… une nuit est mon unique raison de vie !

S : oui… je vois, d’ailleurs, Professeur, vous abuser d’elle, de sa gentillesse, de son consentement et de sa générosité.

P : observez bien toutes les parties de son corps ! le mal se propage des pieds, elle a un grave problème de foi, malgré ces mains qui ne cessent d’applaudir ! j’admire cette grande faculté à dissimuler son stress, à ne pas gémir (juste quelque fois dans son sommeil) et à se débrouiller malgré toutes les piqures qu'on ne cesse de lui infliger...

S : mais, elle a tendance quelque fois à perdre la tête. Elle délire en sombrant dans des folies de grandeurs, des volontés d’infrastructure, des agitations autour de mots vides de sens… c’est dangereux pour elle, non ?

P : oui.. effectivement, mais, je suis obligé de nourrir ses fantasmes et ses illusions pour la maintenir en vie ! sinon, les signes de sa maladie seraient trop visibles et impliquerait révoltes et déchirures.

S : je vous comprends, mais, je ne suis pas d’accord avec votre politique! Vous ruinez sa santé en lui voilant la face.. C’est clair, vous me dégoutez définitivement du métier de Professeur.

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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 11:20

"Le préjugé foncier est de croire que l'ordre, la clarté la méthode doivent tenir à l'être vrai des choses, alors qu'au contraire, le désordre, le chaos, l'imprévu, n'apparaissent que dans un monde faux ou insuffisamment connu, (…) ; c'est là un préjugé moral, …." F. Nietzsche, la volonté puissance, tome 1, p 89 Gallimard.

Un premier roman initié probablement par «une sensibilité critique aux conditions initiales». Partir d’un étonnement traversé par une théorie n’est pas forcément la posture d’un romancier. Mais, Saffieddine Bouali danse avec des faits ponctuels, ludiques ou insignifiants pour les unir dans une construction très intelligente. Il mène des personnages qui eux-mêmes mènent une enquête, en quête de rationalité entre hasard et déterminisme. Les héros apprivoisent le présent en s’appropriant des éléments du passé et, par une relecture de l’événement, nous offrent d’autres clés de projection du futur.

Revisitant donc un fait qui a marqué  les esprits américains programmés pour la réussite, le romancier essaye de défendre une thèse insolite : et si les faits se conjuguent pour nous montrer un chemin contraire aux volontés actuelles. La Palestine texane est la terre promise. Cela coule de source, et coulerait par la même toutes les raisons de combats idéologiques sur une fraction destinée et ferait, assurément, couler moins de sang et plus de sens à ses vies humaines qu’on ne cesse de maltraiter…. Dans les deux sas!

Trop optimiste pour que le roman ait la prétention d’une quelconque influence politicienne, mais l’impact de l’auteur est certain ! un homme d’une grande sensibilité, enthousiaste, amoureux de l’humain et surtout obsédé par l’incertain. Il joue à trouver du sens, armé d’une passion et d’une patiente, remarquables toutes les deux, il trouve un fil d’Ariane, sans même l’avoir prévu avant le combat. Le lecteur s’agrippe à sa plume et suit avec ferveur, sans plus lâcher prise, la démonstration.

 

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